Dans cet article d’expertise, Me Patricia Guyomarc’h dresse un constat sévère : une grande majorité des redressements judiciaires échouent et se terminent en liquidation. L’un des freins majeurs à la survie des sociétés est l’alourdissement artificiel du passif lors de l’arrêté du plan, notamment à cause des créances « prévisionnelles » dont les montants sont parfois dix fois supérieurs à la réalité.
Pour remédier à cette impasse, l’avocate propose une stratégie novatrice : le plan de continuation « à plusieurs vitesses ». L’idée centrale consiste à arrêter un plan primitif basé uniquement sur le passif définitif et non contesté afin de redonner immédiatement de l’air à la trésorerie de l’entreprise. Les créances incertaines ou litigieuses sont alors renvoyées à des étapes ultérieures pour être intégrées au plan au fur et à mesure de leur vérification.
Cette approche pragmatique transforme le redressement judiciaire en un véritable bouclier de survie. En accélérant la prise en charge de l’entreprise et en se concentrant sur les capacités réelles de remboursement, Me Guyomarc’h démontre qu’il est possible de favoriser la pérennité de l’activité, le maintien des emplois et, in fine, une meilleure protection globale des créanciers.